Octavie Coudreau

Une femme dans l’Enfer vert

Explorateur ou exploratrice ?

«Si je suis explorateur, - ce mot ne supporte pas d'être féminisé, - ce n'est point par amour de la Gloire qui est une déesse bien trop inconstante et encore plus aveugle que la Fortune, ce n'est point, pour l'amour de la Géographie, je crois que j'aimerai énormément la Géographie quand je n'en ferai plus.
Si je fais de l'exploration, c'est pour me permettre de ramener les restes de mon mari auprès de ses vieux parents, c'est pour qu'Henri Coudreau ne demeure pas éternellement sous une terre étrangère bien qu'amie, c'est aussi pour terminer l'œuvre commencée depuis cinq ans, œuvre utile entre toutes puisqu'elle consiste surtout à faire connaître des contrées encore ignorées par les masses». (Voyage au Cumina, 1900)

Après le décès de son mari, Octavie Coudreau poursuivra donc durant sept années les explorations et les travaux de son mari. Déçu par l’attitude des autorités françaises lors de l’affaire du «Contesté franco-brésilien», Henri Coudreau était maintenant passé au service des Gouverneurs des Etats du Brésil désireux d’établir la cartographie des affluents de l’Amazone et de repérer les possibilités d’installations de fermiers ou de forestiers. Pour le compte de l’Etat du Parà, Henri Coudreau était chargé d’explorer le fleuve Trombetas. Récemment mariée, Octavie l’accompagnait.

Mais cette année 1889 reste son pire souvenir. Ce premier voyage se termine tragiquement. C’est la seule expédition qu’ils mèneront ensemble. Le récit de Voyage au Trombetas affluent de la rive nord de l’Amazone est rédigé par Henri Coudreau. Ce dernier est déjà malade et épuisé par des années passées dans